La gestion de projet est "l’art de diriger et de coordonner les ressources humaines et matérielles tout au long du cycle de vie d’un projet en utilisant des techniques de gestion appropriées pour atteindre des objectifs prédéterminés : envergure, coûts, délais, qualité, satisfaction du client et satisfaction des participants." Le gestionnaire de projet est un artiste et chef d’orchestre qui agit dans un réseau matriciel complexe, souvent célébré pour le succès et sacrifié pour les échecs collectifs.

Mais qu’apprend-t-on de ces succès ou échecs ? Comment échouer un projet en entreprise sans peur de répercussions et conséquences ? Comment admettre un échec ?

C’est à la direction stratégique de l’entreprise de mettre en scène un environnement ouvert et protégé qui encourage la prise de conscience collective et l’identification des échecs. Chaque contributeur et gestionnaire de projet doit identifier les petits échecs avant qu’ils ne se traduisent en échecs de projets.

Comment détecter, prévenir et apprendre du #failmoment en entreprise ?

On doit célébrer ceux qui ont le courage de souligner les mauvaises nouvelles, les erreurs, les risques, les échecs, et inviter le réseau de contributeurs à participer comme porte-voix dans le processus et alimenter l’apprentissage.

La transparence et la collaboration sont les caractéristiques du climat nécessaire à cette prise de conscience pour encadrer les échecs et bien cerner ce qui est inacceptable dans l’exécution d’un projet, pour bien expliquer les conséquences.

L’essentiel est de comprendre le contexte des leçons apprises et de les appliquer correctement dans le bon cadre. L’imitation simple des leçons apprises d’un autre projet dans un contexte différent peut mener directement à un autre échec. Il faut prendre le temps de consulter l’ensemble des parties prenantes impliquées dans l’exécution de son projet afin de traduire l’échec en apprentissage.

Le bon moment pour capturer le #failmoment : en continu

AVANT UN PROJET 

  • Il est essentiel de recenser le registre des leçons apprises (#failmoment d’un autre artiste)
  • Lors de l’initiation d’un projet, il est important de valider le plan de projet, l’étendue, les besoins, la décomposition des activités, la chaîne d’imputabilité et la composition de l’équipe avec des pairs (autres artistes qui ont joué sur la même scène).
  • Le pre-mortem est organisé comme session de visualisation de l’échec en collaboration avec l’équipe afin de déceler et de prévenir l’apparition des causes de l’échec.

PENDANT UN PROJET 

  • Lorsqu’ils surviennent dans l’exécution du projet, il faut utiliser la force du réseau en temps réel pour inclure les erreurs dans un rapport de #failmoment à transférer en leçon apprise.

APRÈS UN PROJET

Le post-mortem devient un forum de collaboration et d’échange : un failcamp.

EN CONTINU

Il faut être clair : le post-mortem en continu des bons coups et des #failmoment (extrant) doit est un intrant en continu dans les autres projets (à travers le PMO, les forums de gestionnaires de projets ou les communautés de pratique).

On pourrait aussi dire qu’un #failmoment  ( --- ) qui sort d’un projet est automatiquement transformé en positif (+++) lorsqu’il est transféré à l’intérieur d’un autre projet ou d’une autre ressource.

Comme c’est le transfert qui valorise l’état d’un #failmoment : les gestionnaires doivent s’assurer non pas (seulement) que les post-mortem soient faits (en continu) mais (surtout) que les leçons apprises soient transférées (efficacement et rapidement).

 

L’union des artistes : le bureau de projets

Comme vecteur de changement, le bureau de projets a la mission de convertir les #failmoment  en connaissances et reconnait ce qui contribue au succès d’un projet pour le traduire et transférer en connaissance.

On ne doit pas tenir le gestionnaire de projet, préoccupé par la livraison, seul responsable de la création de la connaissance qui servira aux projets futurs. Ce rôle revient au bureau de projets, qui représente l’union de tous ces artistes qui orchestrent la planification et l’exécution d’une vision stratégique.

Attitré au bureau de projet, un gestionnaire des connaissances porte le flambeau de recenser l’information, fournit le contenant adéquat et le processus pour convertir les échecs #failmoment  en apprentissages tout au long du cycle de vie d’un projet.

 

Olivier Drouin est Premier Directeur – Livraison, CN – Technologie de l’information